Commençons par définir ce qu'est Linux, d'où il vient et comment il se situe par rapport à d'autres systèmes d'exploitations.
Au départ, Linux n'est rien d'autre qu'un système d'exploitation du type Unix tournant sur plateforme Intel (i386). Désormais, il tourne sur une très grande variété de plateformes différentes :
Le système d'exploitation est vraiment le coeur d'un système informatique. On le définit plus facilement par les fonctions qu'il remplit, au niveau le plus bas de la machine : gestion de la mémoire, des supports de masse, des processus, accès aux périphériques attachés...
C'est sur lui que se basent toutes les applications qui tournent sur le système (navigateur web, interface graphique, etc). Par exemple, leur seul accès aux fichiers d'un disque est de passer par le système d'exploitation, en utilisant l'API qu'il offre (Application Programming Interface : fonctions utilisables et leur prototype)
On peut diviser les systèmes d'exploitation de manière similaire à celle définie par Micro$oft : les ''familiaux'' et les ''professionnels''. Les premiers n'offrent réellement aucune sécurité ; ils sont généralement plus faciles d'emploi, mais nettement moins stables (un redémarrage fréquent est considéré comme normal et pas trop grave). Les seconds imposent un contrôle d'accès (nom d'utilisateur et mot de passe en général), offrent l'étanchéité de la mémoire (un soft qui ''plante'' n'entraîne pas les autres avec lui).
Du côté des familiaux chez Micro$oft, on trouve toutes les versions de DOS, puis les Windows 3, 3.51, 95, 98 et Millenium. On peut placer les différents MacOS 8 et 9 dans cette catégorie. Le système BeOS, moins connu, a l'air prometteur, mais est encore très peu connu.
Du côté des professionnels, on trouve la famille NT chez Micro$oft. En passant de NT 3.51 (avec interface genre win 3.1), NT 4 (installé dans les centres cybermédia des établissements secondaires), NT 5 rebaptisé Windows 2000 pour des raisons commerciales) et NT 6, baptisé Whistler puis Windows XP. Chez la concurrence, on trouve évidemment les familles de Unix, dont font parties les FreeBSD, OpenBSD, netBSD mais aussi le désormais célèbre Linux.
Notons au passage que la première catégorie est probablement vouée à une disparition complète dans un horizon relativement court. L'insécurité des réseaux y joue un rôle certain. Ainsi, Micro$oft a choisi de baptiser NT 5 ''Windows 2000'' : cela pousse les utilisateurs à croire que c'est la suite logique de ''Windows 98''. Il n'en est rien, puisque ce sont deux familles très différentes. Il semble bien que la lignée des ''familiaux'' tend à disparaître.
Revenons au système d'exploitation qui concerne notre propos : Linux. D'où est-il sorti, quand et comment ?
En 1991, un jeune étudiant Finlandais, Linus Torvalds, s'est lancé dans un projet un peu fou. Il utilisait un système de type Unix appelé Minix, dans le cadre de ses cours d'informatique. Ce système, conçu par le célèbre Andrew Tannenbaum avait des vertus pédagogiques : il avait été créé pour enseigner les systèmes d'exploitation (dans un type Unix).
Mais Minix était limité, puisque simplifié pour les besoins de l'enseignement. Linus a donc voulu étendre ses possibilités. D'autant plus que Minix ne tournait pas sur plateforme i386. D'où l'idée de Linus : recréer un système de type Unix, modifiable à souhait, et devant tourner sur plateforme i386 (le 386 était révolutionnaire à l'époque chez Intel : il proposait un MMU, Memory Management Unit).
Voilà donc Linus au travail. A cette époque, Internet existait depuis longtemps -- le protocole, pas le web tel qu'on le connaît aujourd'hui. Les protocoles de mail, news et ftp étaient présents. Et le web allait naître, en 1991, des laboratoires du CERN à Genève. Le contexte se prêtait donc bien aux communications électronique de niveau mondial, chose impossible pour le grand public avant l'arrivée du protocole TCP-IP (le célèbre Internet).
Linus a profité de ce réseau de manière très utile. Après avoir réalisé un embryon de système, il a décidé d'offrir son travail. Il a lancé un appel à contribution sur Internet, disant en substance que tout le monde pouvait y contribuer, puisqu'il livrait le code source de son nouveau système d'exploitation (le noyau ou kernel pour être plus précis).
Ce faisant, Linus a remis à la mode ce qui était un comportement normal chez les informaticiens de la première heure (notamment au MIT) : le partage du code source. Quiconque sur Internet avait le droit d'utiliser Linux, de lire son code source, de le modifier, et même de le redistribuer. Qu'est-ce que c'est loin des logiciels propriétaires, les seuls connus du grand public jusqu'il y a peu. Bienvenue dans le monde du logiciel libre !
C'est une des raisons qui a fait et fait toujours le succès de Linux (et des systèmes BSD). Des milliers de personnes ont contribué et contribuent encore à améliorer le noyau (kernel) du système Linux. Ainsi, des drivers ont été écrits, des bugs corrigés, des fonctionnalités ajoutées, etc. Disposant du code source, tout cela devenait enfin possible.
Dans le cas de Linux, Linus acceptait généralement les modifications proposées (sous formes de patches pas trop grands). Il remerciait leurs auteurs personnellement, ainsi que dans le fichier ''credits'', qui a augmenté de manière exponentielle. Les informaticiens qui ont participé apprécient visiblement cette informatique plus sociale, faite de partage est d'échange d'expérience -- de manière purement bénévole, le plus souvent. Un peu de bonheur dans ce monde de brutes...