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6. Se procurer GNU/Linux

Par conviction, par angoisse grandissante ou par curiosité, vous voulez installer Linux. C'est peut-être un bon choix, qui sait ? Mais télécharger tous les codes sources, les compiler et assembler le tout pour que le système soit cohérent, ce n'est pas une mince affaire, loin de là. C'est pourquoi il existe différentes distributions de Linux, chacune avec ses particularités, ses avantages et inconvénients propres.

6.1 Distributions

Voici une liste (non exhaustive) des distributions de Linux les plus connues.

6.2 Choisir sa distribution

Laquelle choisir ? La réponse n'est pas simple, et en tout cas pas la même pour tout le monde. Du côté des administrateurs, on risque de se tourner vers Debian ou Slackware si on se sent assez capable, ou vers RedHat qui dispose d'un service en cas de difficultés ou de manque de temps. Du côté utilisateur final, les réponses sont plus nuancées et plus variées. Les francophones opteront peut-être pour Mandrake, francisée dès le départ, ou vers Suse, facilement disponible avec CDs et manuels en librairie. Mais de nombreux facteurs interviennent, dont le format de package utilisé, la sécurité, le support d'internationalisation, la facilité d'upgrade, la simplicité d'administration, la performance, la possibilité de tuning maximum, etc

Le plus simple est de demander leur avis à plusieurs personnes qui s'y sont déjà frottées et qui connaissent leur sujet. Ces mêmes personnes seront sans doute indispensables lors de la première installation, d'ailleurs. Une autre solution intéressante est d'acquérir une série de CDs de différentes distributions (via le net, par exemple), et d'en essayer quelques-unes. C'est de cette manière que j'ai rencontré RedHat puis Debian (via Linux System Labs, qui exportaient encore des USA vers l'Europe à ce moment).

6.3 Packages

Il est temps de dire ce qu'on entend par ''package'' (parfois appelé ''paquet'' en français). Un package regroupe les fichiers nécessaires à un programme ou à une tâche (fichiers de documentation, fichiers de configuration, exécutables, librairies, scripts d'installation, etc). Dans le cas des librairies, il est intéressant de ne pas installer 10 fois la même version, parce que 10 programmes l'utilisent. On peut regrouper ces librairies dans un package (appelé xxx-libs par exemple). L'installation d'un package pourra alors vérifier que le package xxx-libs a déjà été installé ou non, s'il en dépend.

Un format de package comme RPM (RedHat Package Manager, le plus répandu) ou DEB (propre à la distribution Debian) contient aussi des informations de dépendances entre packages. Ainsi, on peut par exemple dire que le package ''browser web'' dépend du package ''serveur X'' (qui est la base du mode graphique sous Linux). Le premier ne s'installera que si le second a déjà été installé. Dans le cas du format rpm, il faudra d'abord installer le second, puis le premier.

Si de nombreux packages dépendent les uns des autres, la situation peut vite devenir confuse. Et si l'on veut installer un package qui dépend d'une nouvelle version d'un package central (comme les librairies C, par exemple), on peut même tomber dans des problèmes insurmontables pour un utilisateur final ne disposant pas des connaissances requises. Ceci a l'air abominable dit comme ça, mais cette caractéristique fait cruellement défaut sous Windows, je trouve. La gestion des installations est bien plus simple (on évite les problèmes de fichiers dll qui se battent, des softs qui ne se désinstallent pas complètement et polluent la base des registres, et tous ces ennuis qui peuvent conduire à une réinstallation complète de Windows, sans raison valable).

Une solution à ces installations à faire dans le bon ordre en fonction des dépendances est réglé dans le format deb de la distribution Debian, via son excellent utilitaire de gestion de package, apt-get. Le principe est génial : dans un fichier de configuration, on indique toutes les sources possibles pour aller chercher un package : sur un ou plusieurs CDs, sur des sites via FTP ou HTTP, que l'on désigne. Ensuite, l'installation du package xxx se fait par une simple commande apt-get install xxx. S'il est présent dans la liste des ressources possibles, il sera téléchargé (ou copié), décompressé et installé. Et s'il dépendait d'autres packages, ces derniers sont également rapatriés et installés au préalable. Tout est transparent !

Pour finir mon couplet partial envers Debian, je peux citer une particularité des dépendances des packages deb : on peut demander qu'un package A dépende du package B (sans B, A ne peut être installé, car A lui est vraiment indispensable, comme une interface graphique l'est pour un logiciel graphique). Mais celui qui crée le package peut aussi inclure l'info selon laquelle le package A suggère un package B, parce qu'il pense que c'est intéressant. Par exemple, le package nestcape peut dépendre du package serveurX, mais aussi suggérer le package acrobat.

On ne peut pas vraiment parler de compatibilité entre les 2 formats. Le format deb est spécifique à Debian et n'est pas vraiment (encore ?) utilisable sur les autres distributions. Par contre, un utilitaire (appelé alien) existe sous Debian pour pouvoir utiliser des packages au format rpm. Mais j'avoue ne pas savoir si cela marche bien, ni en comprendre vraiment l'intérêt (pour tout soft, si on a son code source, il suffit de le recompiler et l'installer manuellement soi-même dans /usr/local, comme prévu par le FHS (File Hierarchy Standard). Mais le format rpm est bien plus répandu, et intéresse peut-être plus le ''grand public''. A chacun de faire son choix. Des arguments existent pour défendre chacun (bien que je ne sois pas très impartial ici, élitisme Debian oblige :p )


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